SÉISMES ET TSUNAMI À PHUKET

Publié par Rawai.fr - Mis à jour le 26/11/2020
Tsunami 2004 Ben Aceh

LES DERNIERS TREMBLEMENTS DE TERRE EN THAÏLANDE

Les stigmates des habitants de Phuket provoqués par le tsunami de décembre 2004 réapparaissent à chaque hurlement de sirène et au moindre caprice tectonique en Mer d'Andaman. Chaque alerte est désormais prise très au sérieux même si les probabilités de subir à nouveau un tsunami dans la région sont infimes.

Le mardi 17 avril 2012, un séisme d'une magnitude de 3,1 sur l'échelle de Richter avait fait trembler l'île de Phuket, au lendemain de deux secousses mesurées respectivement à 4,3 et 5,4. L'épicentre du séisme avait été localisé dans le district de Thalang et à une profondeur estimée entre 10 et 30 km. D'après le Centre national d'alerte aux catastrophes, aucun dommage sérieux n'était à déplorer. La première ministre Yingluck Shinawatra avait alors demandé à ce que la solidité des bâtiments de l'île, en particulier les plus anciens, soient inspectés par les équipes du ministère de l'Intérieur. Les seuls dommages causés par les séismes du lundi 16 avril, n'avait provoqué que des fissures dans les murs de certaines maisons.
Un séisme de magnitude 8,7 s'était produit le mercredi 12 avril au large de Sumatra, à environ 430 km au sud-ouest de Banda Aceh, une alerte au tsunami avait alors été lancée sur l'ensemble de l'Océan Indien. Le séisme avait eu lieu à 8H38 GMT, à 23 km de profondeur, et avait été ressenti à Phuket et même à Bangkok. Il avait été suivi deux heures plus tard par une réplique de magnitude 8,2. Finalement, une vague de 10 centimètres seulement avait atteint les côtes de l'île thaïlandaise Koh Miang, dans la province de Phang Nga, selon le directeur du Centre, Somsak Khaosuwan. Sur la côte occidentale de Sumatra, les vagues n'avaient pas dépassé un mètre de hauteur. Les autorités thaïlandaises avaient indiqué que plusieurs petits séismes allaient se reproduire les semaines suivantes.
Depuis la catastrophe de 2004, la côte d'Andaman s'est équipée d'un système d'alerte au tsunami qui, après quelques essais peu concluants, semble avoir fait ses preuves lors du séisme de 8,7 du mercredi 12 avril 2012.

LE 26 DÉCEMBRE 2004

Tsunami en Thaïlande

Le dernier tsunami dans cette région du monde avait été provoqué par l'éruption du Krakatoa en 1883.
Le séisme du 26 décembre 2004 dans l'Océan Indien s'est produit au large de l'île indonésienne de Sumatra avec une magnitude de 9,1 à 9,31. L'épicentre se situe à la frontière des plaques tectoniques eurasiennes et indo-australiennes. Ce tremblement de terre a la quatrième magnitude la plus puissante jamais enregistrée dans le monde. Il a soulevé jusqu'à 6 mètres de hauteur une bande de plancher océanique longue de 1 600 kilomètres.
Le tremblement de terre a provoqué vingt minutes plus tard, un tsunami allant jusqu'à plus de 30 mètres de hauteur qui a frappé l'Indonésie, les côtes du Sri Lanka et du sud de l'Inde, ainsi que l'ouest de la Thaïlande. Le bilan en pertes humaines est de 227 898 morts selon le United States Geological Survey (entre 216 000 et 232 000 morts selon les différentes évaluations). En termes de pertes humaines, c'est l'un des dix séismes les plus meurtriers et le plus grave tsunami de l'histoire. Il a fait des victimes sur l'ensemble du pourtour de l'Océan Indien.
Lorsque le tsunami a frappé les côtes de la Thaïlande, les dégâts furent colossaux, que ce soit au niveau matériel ou humain. Près de 400 villages furent rayés de la carte, plus de 3 000 maisons furent démolies et 2 000 endommagées. La Thaïlande a été le deuxième pays le plus touché financièrement, avec plus de 2,09 milliards de dollars américains de perte. Il y a eu 5 395 morts, 2 845 disparus et 8 457 blessés.

 LES ZONES TOURISTIQUES

Les impacts du tsunami en Thaïlande ne furent pas totalement les même que dans les autres pays touchés. Les zones touchées par la vague furent des zones très touristiques où évoluaient de nombreux ressortissants étrangers. Le pourcentage de victimes étrangères sur le nombre total de victime s'élève à 7-10%. Ces touristes n'ayant pas leur famille sur place pour les identifier, un grand nombre de personne n'ont pas pu être reconnues.

 LA RECONSTRUCTION

Une autre spécificité thaïlandaise est l'intervention du gouvernement. À cause du manque de moyen de prévention, aucune alerte n'a été déclenchée avant que la vague ne touche la côte. Après le séisme, le gouvernement a essayé de remettre au plus vite les affaires sur pieds, pour cela, des politiques de reconstructions et de préventions ont été mises en place. Des exonérations d'impôts ainsi que des réadaptations professionnelles ont également été prévues afin d'aider les personnes se retrouvant sans emploi. Un des points faibles du gouvernement fut son manque de visibilité quant aux déplacements de masse de la population fuyant les zones côtières. Il y eu un important manque de coordination, entraînant des erreurs, des retards. Ceci fut accentué par le fait qu'il y avait des concurrences organisationnelles au lieu d'une cohésion au sein du gouvernement. Les multinationales ont également joué un rôle dans tout cela, en influençant les politiques internes afin de pouvoir étendre leur projet.

L'IMPACT SUR L'ÉCONOMIE ET L'ÉCOSYSTÈME

Tsunami à Nai Harn, Phuket

Le tsunami eut également un impact important sur l'économie du pays. Beaucoup d'emplois furent perdus entraînant une baisse de la production ainsi que du PIB car les zones les plus touchées furent celles des activités productrices. Les reconstructions ont coûté très cher, entraînant une hausse des prix des matières premières. Les secteurs les plus touchés furent tout d'abord celui de la pêche. Bon nombre de bateaux ont été détruits et le nombre de victimes parmi les pécheurs fut élevé, beaucoup d'entre eux travaillant à proximité des côtes. Certains eurent leurs habitations détruites, perdant par la même occasion leurs papiers et titres. Ils ont été considérés comme squatteurs car ils n'avaient plus rien pour prouver que les terres endommagées étaient les leurs. Cette situation fut exploitée par certaines multinationales qui en profitèrent pour venir occuper les terrains qu'ils convoitaient depuis longtemps à proximité de l'océan.
Le deuxième secteur fut celui du tourisme. Il y eu de nombreux dégâts dans les hôtels, diminuant le nombre de chambres disponibles. La médiatisation du tsunami a entraîné une baisse des réservations en destination de la Thaïlande pendant quelques mois.
Le troisième secteur le plus touché fut celui de l'agriculture. Beaucoup de cultures ont été endommagées par les eaux salées. Il y eu une importante perte de surfaces exploitables et une diminution de la productivité. Beaucoup de matériaux ont également été détruits, rendant la replantation encore plus difficile. L'eau salée répandue sur la terre eut aussi d'autres conséquences. Les ressources d'eau potable ont été polluées, obligeant les habitants à puiser dans les nappes phréatiques. Celles-ci furent consommées au point d'être presque asséchées. Le manque d'eau propre et potable eut également des répercussions sur l'hygiène. De nombreux égouts furent bouchés par les boues, rendant les rues salles et difficile d'accès.
Un certain nombre d'écosystème ont été bouleversés par le tsunami. L'eau salée a détruit beaucoup de végétation et le déplacement de la population a bouleversé les habitudes de vie des animaux. Quant aux récifs coralliens bordant les côtes de la Thaïlande, seul 13% des 174 sites ont été légèrement endommagés, cet écosystème ne fut donc pas fortement perturbé.
Le dernier point développé ici, est l'aide étrangère dont a profité la Thaïlande. Des plans de prêts à faible taux d'intérêt furent octroyés afin de permettre de relancer au plus vite, les petites entreprises et l'économie locale. La Thaïlande put également bénéficier d'une aide des ONG et une multitude de dons. Ces derniers furent malheureusement souvent détournés, au détriment de la population.

CHRONOLOGIE DU TSUNAMI 2004

TSUNAMI 2014 ANIMATION
  • 0 h 58 TU (7 h 58 heure locale) : en Indonésie, le bureau de géophysique de Djakarta détecte un séisme d'une magnitude estimée alors à 6,4 sur l'échelle ouverte de Richter, sur le nord de l'île indonésienne de Sumatra. L'épicentre est localisé dans l'Océan Indien, à 250 kilomètres au sud-ouest de Sumatra.
  • 1 h 06 TU : le centre d'alerte sur les tsunamis du Pacifique (PTWC) à Hawaii, détecte les premiers signaux.
  • 1 h 14 TU : le PTWC publie un bulletin dans lequel il fait état d'une secousse au large de Sumatra et affirme qu'il n'y aucun risque pour la région du Pacifique.
  • 1 h 38 TU (8 h 38 heure locale) : une première vague déferlante de 15 à 20 mètres s'abat sur les côtes de la province indonésienne d'Aceh. Au même moment, la vague touche les Îles Nicobar. C'est cette zone, proche de l'épicentre, qui est la plus dévastée par le raz-de-marée. Publication quelques minutes plus tard du bulletin faisant référence à un risque probable pour l'Océan Indien.
  • 1 h 58 TU : le tsunami ravage les îles situées dans la Mer d'Andaman et dans le Golfe du Bengale, les côtes du sud de la Malaisie et du sud de Sumatra.
  • 2 h 43 TU : les côtes de la Thaïlande, de la Birmanie et du Sri Lanka sont à leur tour frappées.
  • En Thaïlande, les plages touristiques du sud, comme Khao Lak et Phuket (11 h 05 heure locale) ou Koh Phi Phi, sont atteintes par les murs d'eau. La pointe méridionale de la Birmanie, frontalière de la Thaïlande, est touchée juste après. Les secousses du séisme sont ressenties dans le sud du Bangladesh. Dans ce pays, les autorités n'ont alors recensé que deux victimes. En Inde, les raz-de-marée ont eu lieu au matin, notamment dans l'État méridional du Tamil Nadu (côte est). Les digues construites jadis par les Français à Pondichéry protègent cette ville avec une efficacité surprenante alors que les alentours sont dévastés. Premier bilan, les raz-de-marée ont touché plus de 800 kilomètres de côtes, depuis le nord-est jusqu'au sud.
  • 3 h 28 TU : la vague géante déferle sur les côtes du nord de l'Inde et sur celles du Bangladesh, au fond du golfe du Bengale. Singapour est touchée, des secousses y sont ressenties. La Malaisie est protégée par Sumatra.
  • 4 heures TU : les Maldives sont touchées à leur tour. La capitale Malé est inondée et les 1 192 îlots que comptent l'archipel sont dévastés.
  • 4 h 21 TU : un nouveau séisme de magnitude 5,7 est enregistré au sud de l'archipel indonésien.
  • 9 heures TU : l'île Rodrigues, puis l'île Maurice, La Réunion et les Seychelles sont à leur tour touchées. Ces îles ont été atteintes par des vagues qui ont fait des dégâts mais aucune victime.
  • 12 heures TU : le tsunami parvient sur les côtes africaines de la Somalie et de la Tanzanie. Les dégâts sont moindres.

LE JOURNAL DE FRANCE 2 DU 27 DÉCEMBRE

Tsunami à Phuket
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