HISTOIRE DE LA PROSTITUTION EN THAILANDE

HISTOIRE DE LA PROSTITUTION EN THAILANDE

  AVANT-PROPOS

Loin de nous l'idée de vouloir faire l'apologie de la prostitution, nous condamnons l'esclavage sexuel, maudissons le trafic d'humains et le proxénétisme... Certains diront à tort que nous glorifions le tourisme sexuel en le dédramatisant. Il n'en est rien, nous tenons ici à dire la vérité sans donner de leçons. Nous encourageons toujours nos internautes à se comporter dignement et à respecter autrui. Par contre nous ne condamnerons jamais la femme ou la jeune fille qui choisi de se prostituer avec comme uniques volontés d'améliorer le quotidien et venir en aide à sa propre famille. A la manière des adeptes du bouddhisme theravâda, nous ne blâmerons pas non plus le farang qui profite de cette situation facile, tant qu'il ne sème ni haine ni violence. On peut désapprouver moralement, on n’a pas à décréter illégal ce que l’on trouve immoral. "L’État, affirme la philosophe, n’a pas à légiférer dans l’activité sexuelle des citoyens".

  SIX SIÈCLES DE PROSTITUTION

Le phénomène de prostitution en Thaïlande trouve ses origines dans les pratiques polygames tolérées par le bouddhisme theravâda et adoptées par l'aristocratie, bien avant l'époque moderne. Les nombreux flux migratoires depuis le 15ème siècle ont par la suite favorisé l’essor de la prostitution. 
Néanmoins, la prostitution répond d’abord et avant tout aux désirs des hommes thaïlandais. La tolérance et même la connivence qu’ils manifestent aujourd'hui envers les touristes ont engendré une dédramatisation du phénomène, y compris dans les plus hautes sphères de l’État.
Dans les années 90, les voyageurs internationaux uniquement motivés par les relations sexuelles tarifées représentaient approximativement 10 % de la masse touristique. On ne connait pas les estimations de ce début de 21ème siècle, mais au vu de l'augmentation du nombre de visiteurs, de 8 millions en 1990 à 38 millions en 2018, on peut imaginer que le nombre de touristes profitant "des plaisirs exotiques" de la Thaïlande ait évolué dans les mêmes proportions... Même si des campagnes médiatiques s'emploient activement à faire évoluer l'image sulfureuse du pays.

  TRADITIONS ET RELIGION

fascination de l'Asie
A l’époque prémoderne, l’étiquette voulait que le roi, ses proches et les nobles entretiennent de nombreuses concubines. Même si la polygamie a officiellement été abrogée en 1932, sous Rama VI, les bourgeois ont pris le relais des aristocrates pour la maintenir vivace jusqu'à la moitié du 20ème siècle. La norme veut ainsi qu’un homme fortuné fasse profiter plusieurs femmes de ses largesses. L’épouse officielle est rarement dupe, mais la pratique est si ancrée dans les mœurs qu’elle ferme le plus souvent les yeux. Les hommes publics donnent également le ton, à l’image de Sarit Thannarat, premier ministre de 1958 à 1963, qui entretenait une cinquantaine de compagnes. La pratique ouverte ou détournée du concubinage et le recours au critère économique pour sa légitimation ont favorisé l’essor de la prostitution, en donnant à la sexualité féminine une connotation mercantile, puis en conduisant nombre d’épouses légitimes à considérer le recours de leur mari aux services de prostituées comme un pis-aller face à l’entretien de maîtresses régulières qui menacent le budget familial. L'influence patriarche du bouddhisme theravâda (bouddhisme pratiqué en Thaïlande) qui exclut les femmes de l’ordination, les relègua longtemps en "citoyennes de seconde zone". La prostitution étaient alors un des moyen possible de s’extraire de cette patriarchie bouddhiste.
C’est dans le bouddhisme theravâda qu’on retrouve les origines d’une certaine légitimisation de la prostitution en minimisant la responsabilité de ceux qui s’écartent de l'idéal moral. Dans cette ligne de pensée, on considère qu’il n’est pas entièrement déshonorable pour une femme de s’adonner à la prostitution si l’usage de l’argent gagné sert à nourrir sa famille. En fait, la femme qui pratique la prostitution en ce sens gagnerait du mérite. 
Une approche de la sexualité et de la prostitution très différente de celle des pays occidentaux, qu'il est indispensable de prendre en compte s'il on veut mieux comprendre le phénomène.

  MIGRATIONS ET TOURISME

Prostituée à Korat pendant la guerre
L’enchaînement sur plus de quatre siècles de flux importants d’étrangers mâles en provenance d’Extrême-Orient, puis d’Occident a favorisé l’essor de la prostitution. Les privilèges reconnus aux nantis du pays, furent projetés sur le premiers colons, les GI’s américains et aujoud'hui sur les touristes des pays industrialisés.
L'histoire de la prostitution en Thaïlande remonte au moins à six siècles, avec des références explicites données par le voyageur chinois Ma Huan.
Déjà en 1604, des marchands hollandais notaient que "lorsque les étrangers se rendent en Thaïlande pour y faire du commerce… on leur propose des femmes." Sans le savoir, ils endossaient les habits du riche farang logiquement polygame. S'ils refusaient, on jugeait leur attitude comme un signe d’impuissance ou d’avarice.  
Les premières maisons closes (appelées maisons à thé) furent ouvertes par les chinois, au 19ème siècle. Jusqu'à 1947, plusieurs millions de coolies (travailleurs agricoles) chinois immigrèrent dans le pays. La forte demande suscitée par cette main-d’œuvre, fut à l’origine du premier véritable marché de la prostitution. Aujourd'hui, les chinois contrôlent encore en grande partie la prostitution thaï.
A la fin de la seconde guerre mondiale, Bangkok comptait une centaine de cabarets, boîtes à strip-tease et bordels, à Yaorawat et Sukkhumvit.
En 1960, sous la pression des Nations Unies, le Maréchal Sarit Thanarat, chef du gouvernement militaire, a fait voter une première loi interdisant la prostitution.
Durant la guerre du Vietnam (1964-1975), 700 000 soldats étaient pourtant envoyés en permission chaque année à Bangkok et Pattaya. Toutes les activités liées au marché du sexe prenaient alors des proportions jusqu'alors inégalées et cette industrie redonnait un second souffle économique à une Thaïlande en carence de développement.
Il faut attendre la loi de 1996 pour que le racolage et l’acte sexuel tarifé soient interdits. Cette loi opère un changement notable dans l’application des peines. Auparavant, seul(e)s les prostitué(e)s étaient reconnu(e)s coupables. Aujourd’hui, les clients, les propriétaires d’établissements et même les parents peuvent être inquiétés. Enfin, et c’est une bonne nouvelle, de nombreux pays ont adopté une législation extraterritoriale qui leur permet de poursuivre leurs ressortissants pour des faits commis en Thaïlande.


Sources : Bernard Formoso du département d’ethnologie, de préhistoire et d’ethnomusicologie de l'Université Paris X - Nanterre et Sylvie Fumey de https://thaietvous.com

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