GÉNÉRALITÉS À PROPOS DU SURTOURISME EN THAÏLANDE

Depuis la reprise du tourisme international en 2022, après avoir goûté aux subtilités d'un long confinement et respecté d'innombrables restrictions, nos congénères ont subitement fait le choix de quitter leur douillet cocon pour d'autres paysages plus lointains. Les avions se remplissaient de citadins neurasthéniques, le phénomène de surtourisme prenait une ampleur inédite.

« Le voyage est devenu un outil de validation sociale, un effet de mode qui sature les lieux jusqu’à l’asphyxie »
Capucine Canonne

La Thaïlande de 1980 à 2010, une période que les moins de 30 ans n'auront pas eu le plaisir d'apprécier, pendant laquelle les vols low cost étaient vraiment low cost, un temps où l'immigration thaïlandaise était plus laxiste et où la qualité de vie dépassait les espérances de tous les visiteurs internationaux.
Depuis peu, le royaume a perdu de sa superbe, comme beaucoup d'autres destinations touristiques. Les aéroports sont saturés, les avions surchargés, les sites populaires envahis. On voyage là où les gens vont, là où l'on nous dit d'aller. On se propulse aux antipodes de sa vie citadine pour se retrouver agglutinés les uns aux autres sur quelques centaines de m2. Nos semblables, dont l'imaginaire parait peu fertile, aiment se retrouver entre eux et vivre ensemble. C'est admirable, nous vivons dans un monde harmonieux...
Sauf qu'en réalité, cela ne se passe pas comme ça, on pourrait dire que ça foire même pas mal. 
En effet, en pratique, dans certaines zones de Thaïlande et à certaines périodes de l'année, la situation peut devenir sinistre, ternie par le bruit, la laideur et la « grégarité testostéronique* ».
Nous nous interrogerons ici, sur les causes de cet engorgement et sur ses conséquences. Nous évoquerons aussi l'analyse de l'exécutif thaïlandais et les mesures que celui-ci envisage de mener pour améliorer la situation. Enfin, nous vous ferons part de nos investigations personnelles.
* Sylvain Tesson - Dans les forêts de Sibérie

UNE MANNE ÉCONOMIQUE CONSIDÉRABLE

SURTOURISME ET ECONOMIE THAILANDE
Le terme " surtourisme " ou " hypertourisme " a fait son apparition quelques années avant la pandémie. En 2019, le tourisme international atteignait des records historiques avec 1,5 milliard de voyageurs. Le phénomène désigne la saturation des sites par un nombre de visiteurs nettement supérieur à la normale. Le surtourisme fut exponentiel depuis ces dernières années, excepté durant les années 2020 et 2021. La reprise post-covid de l'industrie touristique internationale fut extrêmement forte. 
Selon l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), 95% des touristes mondiaux visiteraient moins de 5% des terres émergées.

En 2024, la Thaïlande a reçu 35,5 millions de visiteurs et est classée en dixième position derrière la France (102 millions), l'Espagne (93,8), les États-Unis (72,4), la Turquie (60,6), l'Italie (57,8), le Mexique (45), l'Allemagne (37,5), le Japon (36,9) et la Grèce (36).

Pour la Thaïlande, cette même année, les recettes s'élevaient à 39,44 milliards d'€uros. Des résultats encore bien inférieurs à l'année record de 2019, avec 53,4 milliards d'€uros.

Le secteur touristique participe activement à la croissance économique du pays depuis la fin des années 80.

MAYA BAY LA PLAGE DE THE BEACH
Publié par Rawai.fr - Mis à jour le 24/06/2026

QUELS SONT LES IMPACTS DU SURTOURISME EN THAÏLANDE ?

Comme nous le notifions dans le paragraphe précédent, les voyageurs ne font preuve ni d'originalité, ni d'audace ; l'exploration et l'inconnu ne font partie des motivations premières ; on préfère le confort et la sécurité : « À Paris, je vais à la Tour et à Montmartre - À Phuket je vais à Bangla et à Koh Phi Phi »...
On suit à la lettre les guides de pacotille sur les réseaux, en privilégiant les Instagram areas.
En Thaïlande, Pattaya, Phuket, Krabi, Koh Tao, Koh Samui, Koh Phangan, Chiang Mai et Pai ont toujours été les étapes de prédilection depuis plus de 20 ans, elles ne désemplissent plus lors des mois d'hiver. Ces dernières années, leur succès devient parfois critique, voire calamiteux pour certaines d'entre elles. 
Les conditions de circulation sont désastreuses sur les routes de Phuket, les montagnes de Koh Samui sont gangrenées par les villas avec piscine, le traitement des eaux à Pattaya est caduc, les déchets s'amoncellent sur Koh Tao, Koh Phangan (déjà parasitée par ses full moon) semble être devenue le repaire des digital nomads spécialisés dans l'insipide ou la supercherie, à cela s'ajoute des moyens de transports quelquefois saturés, des pénuries d'eau récurrentes, une inflation locale, une flambée des prix du marché locatif, une humeur maussade chez certains locaux (éreintés par le comportement toxique d'une minorité de nos congénères), des plages noires de monde, sales, etc, etc...

QUELLE EST LA SITUATION DANS LA PROVINCE DE PHUKET ?

SURTOURISME A PHUKET NAI HARN BEACH

Oui, il est exact que le succès touristique de Phuket est constant. Oui, il est vrai que la période de décembre à février n'est par la meilleure pour venir y passer ses vacances... Peut-on parler de surtourisme pour autant ?

Toujours, je me suis insurgé contre les rédacteurs en quête de scoop qui proclamaient haut et fort (à tort) que Phuket ne ressemblait plus à rien alors qu'ils n'y avaient jamais foutu les pieds. Je ne cautionne toujours pas leurs propos mais j'admets que l'éclat de la perle d'Andaman a perdu de son intensité...

Inutile de se voiler la face plus longtemps, sur la dernière décennie et particulièrement depuis le début de la guerre en Ukraine, nous avons observé une réelle évolution concernant le trafic routier, les prix du marché locatif, la qualité des visiteurs, la surpopulation sur certaines plages, l'accueil des locaux, etc... Nous ne pouvons plus le nier et sommes attristés de constater que dans certaines parties de l'île, la qualité de vie n'est plus la même.

Une crise se profile dans tous les hauts-lieux populaires du royaume (Phuket, Koh Phi Phi, Railay, Koh Samui, Koh Tao...), les touristes y sont trop nombreux durant la haute saison et cela nuit à la qualité de leur séjour et au bien être des populations locales. Il est urgent de focaliser son attention sur ce problème majeur avant la débâcle et d'adapter une stratégie infaillible pour y remédier.

COMMENT DEVONS-NOUS RÉAGIR FACE AU PHÉNOMÈNE ?

Après avoir admis que le phénomène d'hyperfréquentation est bel et bien réel et sévit dans certains lieux, nous devrons en tenir rigueur dans le choix de nos destinations ;  nous nous efforcerons d'emprunter les chemins de traverse en nous éloignant tant que faire se peu, des spots qui créent l'événement sur les médias modernes ; nous éviterons aussi de voyager durant les périodes les plus prisées ; et enfin, nous adopterons un mode de vie humble, nous nous adapterons aux mœurs locales et respecterons l'environnement.
La recette est simple, elle est efficace, quel que soit l'endroit où vous comptez vous rendre en Thaïlande (et ailleurs).
Anticipez, sélectionnez et imprégnez-vous des informations délivrées sur notre site, en accordant une attention particulière à nos pages dédiées aux destinations préservées de la région sud de la Thaïlande !
SURTOURISME EN PROVINCE DE PHANG NGA

QUELLES SOLUTIONS PRATIQUES POUR LIMITER LES DOMMAGES ?

Pour éviter le marasme, les professionnels du tourisme thaïlandais devront multiplier les mesures efficaces et se débarrasser des usines à gaz.
Au ministère et au TAT (Tourism Authority of Thailand), on ne chôme pas entre les repas ; les projets fusent, on cherche à comprendre et on tente d'innover. Depuis longtemps déjà, bien avant la crise sanitaire, les initiatives avaient été entreprises. Ainsi, une campagne internationale « Low Love season » vantait les avantages de voyager durant la basse saison ; plus tard (après la pandémie), on prônait les trésors cachés du royaume avec « Thaïland Unseen ». Ce changement de cap aurait pu être bénéfique s'il avait été suffisamment propagé mais 1 mois de publicité n'est certainement pas suffisant pour influencer les choix des voyageurs et faire évoluer les mentalités. Pour obtenir des résultats concrets, l'offensive doit être menée avec constance et sur le très long terme. Ces actions marketing devront également être davantage diffusées sur les médias numériques.

 MESURE N°1 : RÉGULER LES FLUX TOURISTIQUES

  • En encourageant la visite d'autres sites, d'autres villages, d'autres provinces moins fréquentés.
  • En informant honnêtement les futurs voyageurs lorsqu'un village est constamment submergé.
  • En informant en temps réel, les voyageurs lorsqu'une zone est, ou devient sensible.
  • En limitant la concentration des visiteurs sur certains lieux, par un système de quotas.
  • En les obligeant à réserver pendant les périodes de saturation.
  • En démontant toutes les structures et décos à 2 balles des aires instagram, sur les sites trop fréquentés. 
  • En dissuadant les gens de venir aux mois de décembre et janvier.
  • En persuadant les individus qu'il existe d'autres manières de voyager plus adaptées à notre époque.

 MESURE N°2 : DÉVELOPPER LES TRANSPORTS PUBLICS ?

Phuket détient le triste record de l'île la plus embouteillée de Thaïlande et depuis belle lurette déjà... Ces dernières années, on a pu observer un certain nombre d'actions visant à améliorer la situation : des élargissements de voies, constructions de tunnels, modifications ou déplacements de U-turn et la mise en circulation de nouveaux bus publics... Malheureusement, aucun changement notable n'a vraiment été constaté, bien au contraire, l'engorgement routier semble pire encore. 

Tout le monde s'accorde à dire que s'il y avait plus de transports collectifs, de bus rapides, un tramway, ou des navettes maritimes, la circulation serait plus fluide et la pollution moindre... Pour ce qui est de la fluidité, permettez-moi d'en douter ! Le problème fondamental est ailleurs : il y a trop de véhicules en circulation sur l'île et le développement de transports en commun ne changerait pas grand chose. 
Concernant le projet de tramway, je me remémore l'enfer subi lors de la construction des tunnels pendant 2 longues années, je n'ose imaginer l'état du trafic si une ligne de tramway devait être aménagée sur l'île...

Pourtant, les études effectuées et les bilans (économiques, sociaux et environnementaux) réalisés, prouvent qu'augmenter la capacité d'accueil des routes est la solution la plus adaptée sur le long terme pour fluidifier le trafic. 
Étant donné notre totale incompétence dans ce domaine, nous laissons aux spécialistes le soin de gérer la situation, sans pour autant être convaincu que construire de nouvelles infrastructures routières soit la meilleure solution. 
En attendant un miracle, nous évitons de prendre la route aux heures les plus folles (de 08h00 à 20h00 !)

 MESURE N°3 : RENFORCER LA PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

  • Instaurer une contribution éco-participative auprès des visiteurs afin d'améliorer le traitement des déchets et des eaux usées.
  • Informer et responsabiliser systématiquement les visiteurs (avant et) à leur arrivée en Thaïlande, sur le comportement à tenir pour ne pas endommager les écosystèmes et mieux protéger l'environnement.

 MESURE N°4 : SÉDUIRE LES VOYAGEURS LES MOINS BOURRINS

Certainement l'initiative la plus difficile à mettre en place : passer d'une logique de volume à une logique de valeur.
  • Orienter davantage les campagnes marketing vers les familles et les couples.
  • Mettre en garde les " mauvais garçons ", les prévenir qu'en Thaïlande, on a beau avoir le sens de l'hospitalité, on ne rechigne pas pour autant à faire respecter l'ordre. 
  • Réguler plus fermement la consommation et la vente d'herbe aux touristes étrangers.
  • Augmenter les contrôles d'alcoolémie dans les zones où la nightlife est particulièrement active.
  • Punir plus sévèrement les contrevenants et les fauteurs de trouble.
  • Blacklister systématiquement les délinquants récidivistes.
  • Refouler les profils dont les antécédents judiciaires sont conséquents, dès les aéroports de départ.
Séduire une nouvelle clientèle, pourquoi pas, mais fidéliser l'ancienne serait certainement plus judicieux !

 MESURE N°5 : AJUSTER LES PRIORITÉS

Même si nous sommes habitués aux volte-face incessants des ministères thaïlandais, nous avons été assez surpris des récentes mesures prises concernant l'exemption de visa. Rappelons qu'en juillet 2024, l'autorisation pour rester en Thaïlande sans visa, était passée de 30 à 60 jours, une mesure mise en place pour relancer un tourisme jugé poussif par les autorités. Il est indéniable que l'opportunité a séduit beaucoup de voyageurs ; faciliter et simplifier les conditions d'entrée sont selon moi, la meilleure façon d'attirer le touriste.

Pourtant figé dans de sempiternelles jérémiades suite aux mauvais résultats de 2025, le ministère du tourisme a choisi de réinstaurer sous peu, l'exemption à 1 seul mois... La décision peut paraître paradoxale lorsqu'on cherche à aguicher et attirer des capitaux étrangers. Il serait plus judicieux de leur part de chercher à lutter efficacement contre la montée en puissance de la concurrence coréenne, vietnamienne ou japonaise... 

Malgré la gestion inconstante et conformiste d'une poignée de fonctionnaires sur le retour, la notoriété de la Thaïlande se suffit à elle même ; depuis plus de 30 ans, son succès fut inébranlable. 

S'attarder autant pour déterminer la durée idéale de l'exemption prouve que ces responsables politiques sont à côté de la plaque, une menace autrement plus inquiétante plane sur la sphère touristique. 

NOMBRE DE TOURISTES EN THAILANDE PAR ANNEES

 AUX GRANDS MAUX LES GRANDS REMÈDES

12GO TRANSPORT RESERVATIONS ASIE
Pour échapper à la furie des mois de haute saison, partez plus loin, hors des sentiers battus et surtout, réservez vos billets de transport à l'avance, avec notre irréprochable partenaire 12Go :
Powered by 12Go system

DESTINATIONS VICTIMES DU SURTOURISME DANS LE SUD DE LA THAÏLANDE

TRAFIC DESASTREUX A PHUKET
Les destinations répertoriées ci-dessous sont impactées uniquement durant les mois de haute saison.

 EN PROVINCE DE PHUKET

  • Patong
  • Phuket town
  • Kata
  • Coral island

 EN PROVINCE DE PHANG NGA

  • Koh Similan
  • Samet Nangshe
  • Koh Panyee
  • Koh Tapu
  • Koh Khai

 EN PROVINCE DE KRABI

  • Ao Nang
  • Railay
  • Koh Phi Phi islands

 EN PROVINCE DE TRANG

  • Koh Kradan

 EN PROVINCE DE SATUN

  • Koh Lipe

 EN PROVINCE DE SURAT THANI

 ÉGALEMENT SUR RAWAI.FR