ARTE REPORTAGE À PHUKET

Publié par Rawai.fr - Mis à jour le 11/04/2021

 PHUKET, MALADE DU TOURISME, SUR ARTE

Arte se distingue haut la main dans le paysage audio-visuel français par la qualité et la diversité de ses programmes. Arte est également la seule chaîne qui couvre encore l'information internationale alors que TF1 et France Télévision ont semble t-il abandonné le journalisme d'investigation en ne diffusant plus que des reportages simplets et convenus sur la résurrection de la pantoufle charentaise pendant le confinement ou le recyclage des chaussettes orphelines... Arte est aujourd'hui, la seule chaîne du paysage audiovisuel français qui rende compte de l'actualité internationale et l'analyse avec pertinence.
En 2020, les audiences d'Arte ont démontré que le pari de la qualité éditoriale était gagnant.
Avec ses nombreux magazines découvertes et voyages, Arte diffuse régulièrement, de nombreux reportages sur les pays du Sud-Est asiatique. Dans "Arte reportage" diffusé le 4 avril dernier, les journalistes mesurent l'impact de la pandémie sur l'économie de Phuket, en compagnie de Thierry Costes, expatrié à Phuket et guide touristique à Siam Evasion.

 ARTE REPORTAGE AU CHEVET DE SIAM EVASION !

Thierry costes à Phuket - Guide de voyage
-Rawai.fr : Thierry Costes, ce n'est pas la première fois que l'on vous voit sur Arte, vous êtes désormais un habitué de la chaîne. Ces prestations télévisuelles ont-elles un écho positif sur les activités de Siam Evasion ?

-Thierry : Ça fait trois fois déjà que je reçois Arte pour un reportage en Thaïlande et au Cambodge. J’aime bien cette télé, leur cahier de charges est bien différent de beaucoup d’autres antennes, ils sont plus pointus sur cette chaine et ne se suffisent de survoler le sujet qui les occupe. J’aime bien bosser avec eux, c’est toujours sympa de les rencontrer.

-Rawai.fr : En combien de temps a été tourné le reportage "Phuket, malade du tourisme" ?

-Thierry : En huit jours dans les provinces de Phuket et de Phang Nga, mais on avait déjà fait de multiples briefing en télétravail, le temps de leur quarantaine à Bangkok au saut de l’avion.

-Rawai.fr : Avez-vous accompagné l'équipe de journalistes durant tout leur séjour ?

-Thierry : Disons que je leur ai tout balisé ce temps-là afin qu’ils ne perdent du temps entre circonvolutions et mouvements incertains. La réalisatrice me disait, je la cite : « Thierry, tu nous as ouvert les portes de Phuket, un grand merci ! »
Je les ai immiscés dans l’intimité des Thaïs, on voit trois de mes anciens employés dans leur reportage qui viennent témoigner de cette nouvelle existence générée par la pandémie. Il n’y a que sur les deux restaurateurs où je n’interviens pas, je ne les connaissais pas.

-Rawai.fr : A quand remonte votre dernière excursion avec des clients ?

-Thierry : Wow ! C’est tellement loin que je ne m’en souviens à peine. Je dirai début mars 2020.

-Rawai.fr : Avez-vous songé à revenir en France durant cette dernière année ?

-Thierry : Oh putain, non ! Ce fut ma seule angoisse avant d’obtenir mon nouveau visa en décembre, tout mais pas ça. Non pas que j’exècre la France, ô combien non, je pense être un grand ambassadeur de la Culture française, ici, en Thaïlande, ceci dit sans arrogance. Mais il y a dix-neuf ans exactement que je n’ai mis les pieds dans l’hexagone, je serais un Martien débarquant là-bas après vingt ans de tropiques non-stop. Je ne connais plus personne en France. Le froid m’aurait tué d’entrée, bien avant le virus. Et puis où dormir sans thune, je suis un indigent désormais. Non, très franchement, arrivé à Paname, je me serais direct jeté dans la Seine du pont Mirabeau en gueulant : « Apollinaire, au secours ! »

-Rawai.fr : En France, les entreprises impactées par la crise sanitaire, bénéficient d'aides de l'état, qu'en est-t-il pour les entrepreneurs français expatriés en Thaïlande ?

-Thierry : Rien, zéro, pas même un Euro pour une société comme la mienne. Pire encore, il m’a fallu débourser des milliers d’euros de taxes en décembre pour obtenir mon visa dépendant de ma société d’excursions comme si j’avais bossé normalement en 2020, un cauchemar. J’ai tout vendu, bagnole et autres quitte à me retrouver à la rue, j’ai dû zapper tous mes loyers pour régler la note dans l’espoir que mon proprio n’oserait nous chasser, ma fille et moi. Pour l’instant, tout va bien en attendant la chute. J’ai au moins pu éviter un retour en France jusqu’à présent, c’est déjà pas si mal.

-Rawai.fr : Quels sont alors vos moyens de subsistance et comment honorez-vous vos dépenses fixes ?

-Thierry : C’est le nœud du problème, et pour tout dire c’est insoluble. Je n’ai donc aucune réponse. Ni aide ni mécène, je suis maudit. En vrai, j’évite de penser au futur proche, trop angoissant. Je ne suis pas très religieux mais j’aime bien cette phrase de la bible : « A chaque jour suffit sa peine. »

-Rawai.fr : Comme on peut le voir dans le reportage, beaucoup de thaïlandais se sont reconvertis, n'envisagez pas vous même d'avoir une seconde activité ?

-Thierry : Aujourd’hui, tous les chômeurs ici se sont métamorphosés en vendeurs de rue, sauf qu’il y a désormais bien davantage de vendeurs que de clients, ce n’est donc pas facile. Moi, je suis un immigré, je ne suis pas Thaï, si j’osais m’installer sur un trottoir de Thaïlande, les flics viendraient et me mettraient direct au ballon.
Et je n’ai aucune science de trader et autres fous de computer pour me réinventer via l’informatique. Ma sphère est loin des écrans, je ne sais faire sans la pâte humaine, mon côté Latin peut-être.

-Rawai.fr : D'après l'annonce du gouverneur de Phuket, les touristes pourront revenir à Phuket en juillet, sans avoir à effectuer de quarantaine, croyez-vous en une reprise immédiate de l'activité économique sur l'île ?

-Thierry : J’y ai cru moi aussi, mais aujourd’hui je suis sceptique. Tout cela a été décidé juste avant cette vague soudaine de COVID qui déferle dans le royaume depuis deux semaines. C’est pourquoi je pense que ce n’est plus d’actualité. C’est mort.

-Rawai.fr : Après plus d'un an d'abstinence, les gens vont certainement vouloir partir sous les tropiques coûte que coûte, retrouver leur liberté et oublier cette période anxiogène, non ?

-Thierry : Je les comprends aisément. Et je serai aux anges de les accueillir à nouveau après cette galère immense. Mais j’ai un doute, ce putain de virus n’a pas fini de nous emmerder. Je ne veux pas paraître pessimiste, je n’arrive plus trop à y croire désormais, nous sommes loin d’être tirés d’affaire me semble-t-il tellement de nouvelles péripéties surviennent. Qui vivra verra.

-Rawai.fr : Estimez-vous que le programme "Sandbox" proposé par le ministère, est crédible et pourrait réellement participer à une reprise ? Le projet "bulles de voyage" de l'automne dernier n'avait lui, pas abouti.

-Thierry : Il semblerait qu’aujourd’hui, seule une vaccination de masse puisse ouvrir les frontières sans quarantaine et restriction aucune. Qu’on s’en réjouisse ou non, c’est apparemment la seule option possible. Alors ouvrons, vaccinons, mais tout ça va prendre du temps.

-Rawai.fr : Pensez-vous que la population locale pourra être vaccinée avant la réouverture et la mise en place de ce programme ?

-Thierry : Sur Phuket seulement, ça devrait le faire, un demi-million de personnes à vacciner à peine, trois mois suffiront. Par contre, si l’on pense à l’échelle du royaume, 70 millions d’habitants, nous en avons pour deux ans au bas mot avant d’en finir.

-Rawai.fr : Comment expliquez-vous le fait que la Thaïlande fut épargnée par le virus, jusqu'à aujourd'hui ?

-Thierry : C’est simple, ils ont tout fermé, la chape de plomb, il est évident que le virus ne pouvait plus circuler quitte à affamer la foule. Une mesure radicale, je ne critique pas, je constate seulement.

-Rawai.fr : Si nos lecteurs veulent vous aider à tenir le coup jusqu'à la prochaine réouverture touristique, comment doivent-ils procéder ?

-Thierry : Je ne saurais que dire, je suis limite clochard aujourd’hui. Je fais encore bonne figure pour que ma fille ne cesse de dire à ses copines encore et toujours : « Mon père, ce héros ! »

Propos recueillis par Christophe Entem, le 18 avril 2021

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