CHRISTOPHE ENTEM, RESPONSABLE DE RAWAI.FR

Christophe Entem
LE WEBMASTER DE RAWAI.FR SUR LE GRILL

-Kohlidays : En 2018, votre site renseigne plus de 2000 internautes par jour, pensez-vous que le nombre de visites va continuer à augmenter ces prochaines années ? 

-Rawai.fr : Je suis satisfait mais ne me réjouis pas pour autant... Sur internet comme dans la compétition sportive, rien n'est définitivement acquis, si tu ne pratiques pas tous les jours, ne progresses pas, n'innoves pas, alors tu te ramasses et on ne parle plus de toi du jour en lendemain ! Ce défi permanent est passionnant. Jusqu'au jour où le tsunami technologique balayera la (ma) génération grisonnante et méprisera l'expérience et la culture au profit de je ne sais quelle invention inutile permettant de visiter la baie de Phang Nga en 3D sur son canapé ou une autre débilité du genre. Internet reste la plus stupéfiante invention du siècle certes, mais il nous a déjà prouvé durant sa brève existence, qu'il engendrait d'innombrables dommages collatéraux. Aussi, si les monopoles d'internet et leurs dépendances politiciennes ne deviennent qu'une machine avide de pognon et de pouvoir avec comme seul objectif nous rendre plus crétins et encore plus dociles, on court à notre perte... 

Pour en revenir à la fréquentation du site, je m'attends d'ici peu de temps à voir redoubler la concurrence mais je redoute surtout une évolution technologique à moyen terme, face à laquelle je ne saurais m'adapter. En attendant, je développe et optimise le site de façon à améliorer son efficacité et sa rentabilité. Je reste optimiste, les français sont de plus en plus nombreux à se rendre en Thaïlande, presque 700 000 en 2017. 

-Kohlidays : Depuis vos débuts sur la toile, vous paraissez pourtant vous être parfaitement adapté aux évolutions multiples, pourquoi semblez-vous aussi alarmiste ?

-Rawai.fr : Pourquoi ?! Parce que mon cerveau est de moins en moins compétitif, j'ai des difficultés à me concentrer, à m'organiser, à rédiger, et suis à 2 doigts d'aller consulter un neurologue ! 

J'ai acheté mon premier ordinateur très tard, trop tard, à 35 ans, et fus un autodidacte laborieux. A 50 ans, étudier ou apprendre m'angoisse, je ne supporte plus ni hiérarchies, ni contraintes. Pouvoir acquérir encore plus de liberté est la seule motivation qui me pousse à travailler sur ce site d'arrache-pied. Je continuerais tant que mes capacités me permettront de suivre les évolutions technologiques.

Par ailleurs, je tiens à vous signaler que je ne possède pas de smartphone. L'acquisition d'un tel engin ne me parait toujours pas indispensable. Je suis connecté toute la journée au bureau et je ne voudrais pas que mes instants de liberté à l'extérieur soient perturbés par la moindre sonnerie ou alerte.

-Kohlidays : Quelques-unes de vos pages sont pour le moins "consistantes" pour ne pas dire lourdes. Ne pensez-vous pas qu'avec les smartphones, il devient primordial de synthétiser l'information ?

-Rawai.fr : Je suis navré de voir l'utilisation qui est faite d'internet (et de ces produits dérivés) par une grande majorité des jeunes et moins jeunes. On veut l'info en 2 secondes, l'hyper connexion sature les cerveaux, on ne se contente plus que de la punchline ou de poser sa question sur un groupe facebook et attendre la réponse d'un inconnu incompétent qui fabule derrière son écran. Les efforts de recherche, de concentration, de réflexion, d'imagination semble se raréfier, on veut le fruit défendu sans même aller le cueillir. J'éprouve des difficultés à adapter mon site en fonction de ce genre d'attente, la règle des 140 caractères maximum sur twitter est un sacrilège, il est hors de question de se restreindre lors de la rédaction d'un article uniquement pour satisfaire l'apathie intellectuelle de quelques internautes. Aussi, nous continuerons à développer nos articles frénétiquement, quitte à dérouter quelques mous du bulbe.

-Kohlidays : Quels sont vos concurrents directs ?

-Rawai.fr : Il n'existe pas réellement de concurrents directs... Phuket.com est la référence absolue mais vise une clientèle anglophone, le site doit faire en moyenne 15 000 visites par jour (alors que nous n'en faisons que  2000 !). Phuket.fr ne délivre essentiellement que de l'actualité et ne propose pas les mêmes services. D'autres sites d'expatriés s'apparentent d'avantage à rawai.fr : Le site de Phil à Phuket est un bon guide qui délivre de l'information utile. Je ne parle pas des autres sites ou blogs qui me paraissent trop incomplets et dont les créateurs manquent implacablement d'expérience, d'analyse et de contenu original.

-Kohlidays : Quels sont les projets à court terme, les articles en préparation ?

-Rawai.fr : Je m'apprête à passer en https (obligatoire en septembre 2018) dans les mois prochains. Je réfléchis sur une nouvelle illustration en page d'accueil. Une dizaine d'articles et enquêtes sont en cours, sur le futur canal de Kra, sur Koh Libong, Koh Tarutao... et surtout, nous projetons de créer une nouvelle page présentant de nombreux extraits des mémoires de l'éthnologue Jean Boulbet avec des illustrations inédites des années 60 à 70, en étroite collaboration avec Thierry Costes de Siam Evasion. Nous venons de publier un guide sur l'archipel de Koh Phi Phi qui peine à émerger, nous allons redoubler d'efforts pour booster son référencement. Le programme avant la prochaine haute saison est plus que surchargé et les soirées promettent d'être longues...

-Kohlidays : Quels conseils donneriez-vous un un jeune webmaster ?

-Rawai.fr : J'ai souvent encouragé les jeunes à toujours se créer des projets, à développer d'avantage leur imaginaire, et à ne pas baisser les bras à la moindre déconvenue. Je n'aime pas trop jouer les donneurs de leçons, mais je peux néanmoins partager une certitude : sans passion exacerbée, ni travail obstiné, on n'arrive à rien. Le bon fonctionnement du site aujourd'hui, résulte d'une dizaine de milliers d'heures de travail, d'apprentissage, de recherche et de réflexion. Ça ne tombe pas tout cuit, comme une simple requête sur un moteur de recherche...

-Kohlidays : Merci Christophe, de bien avoir voulu nous accorder un peu de votre temps.

-Rawai.fr : Cool, c'était pas trop long. J'ai d'autres choses à faire et puis j'ai en horreur ce genre d'interrogatoire. Allez, au plaisir !

 RAWAI.FR FÊTE SES 10 ANS !

Découverte de Phuket

  UN BILAN MITIGÉ...

Pas de quoi sabrer le Champagne... Nous ne fêterons pas cet anniversaire au restaurant "Le Normandie", sur les bords du Chao Phraya, les revenus générés par nos sites ne nous le permettront pas. Pourtant, depuis peu, notre travail se voit récompensé par des salaires réguliers presque décents.  
Après toutes ces années, nos efforts ont porté leurs fruits, nos visiteurs sont de plus en plus nombreux et nous font désormais confiance. Certains des services proposés sur les sites, connaissent un franc succès et démontrent leur utilité.
Pas question de lever le pied pour autant. Il faut mettre les bouchées doubles pour lutter contre la nouvelle concurrence, et ne pas se faire grignoter sur le classement des moteurs, pas question de déprimer à chaque nouveau caprice de l'algorithme roi. Il faudra aussi continuer à verser sans broncher, des sommes inouïes à l'Urssaf. La vie continue, il faudra encore et encore perséverer dans ce délire chronophage, pour quelques poignées d'€uros supplémentaires chaque mois. Nous continuerons sans relâche, ni regrets, sur cette voie qui s'annonce pourtant tourmentée et incertaine. 

  UNE NOUVELLE CONCURRENCE

Cette dernière année, la concurrence s'est fortement développée. Subitement, tout le monde veut sa part du gateau, une dizaine de sites francophones débarquent sur la ligne de front. Certains se retrouvent injustement bien classés sur les moteurs de recherche, on peut alors s'apercevoir que les algorithmes ne sont pas infaillibles... Ces nouveaux sites dont nous tairons les noms, se trouvent excellemment bien placés malgré un contenu, soit copié, soit incohérent, soit rachitique ! Nous saluons leurs astucieux concepteurs pour leur parfaite maîtrise du SEO et souhaitons à l'avenir, qu'ils emploient aussi leurs compétences en améliorant le contenu (original si possible) de leurs sites... A nous par conséquent, de rester vigilants et essayer de comprendre d'où vient la faille, mais pour l'instant, le mystère demeure. Comment de tels sites, crotteux et bourgeonnants peuvent-ils faire vasciller notre guide de Phuket, plus ancien, plus consistant, mieux charpenté et mis à jour quotidiennement ? Il apparait évident que leurs contenus ne tiennent pas la route, les informations sont souvent erronées, imprécises et  jamais actualisées. Les fautes d'orthographe foisonnent à chaque phrase, les photographies quelquefois sont volées ou ne correspondent pas au lieu évoqué. Bref, ce foutoir n'a rien à faire sur la toile, d'où notre agacement envers la soi-disant intelligence de l'algorithme le plus puissant du monde. Il va donc falloir, pour se maintenir la tête hors de cette eau croupie, se fixer de nouveaux objectifs et de nouvelles méthodes pour les atteindre. Quelques nuits blanches en perspective... 

  LE MALAISE DE L'ALGORITHME

Plus révoltant encore, de célèbres sites web, notament un guide breton bien connu, qui se retrouve en tête de page sur de nombreux sujets, avec des développements qui ne dépassent pas les 20 lignes. L'invasion gangréneuse de tripadvisor sur tous les thêmes et hauts lieux du tourisme. Sans oublier les websites clients de google ads qui bénéficient d'un placement optimisé. Notre seule alternative est de se placer au mieux entre ces privilégiés, en faisant preuve d'imagination et d'originalité. 

Alors dis-nous, ô puissantissime algorithme, devra t-on toujours se contenter des miettes que nous laissent les puissants ? Quand réaliseras-tu que le contenu de tripadvisor n'est qu'une immonde bouillie rédigée par les internautes eux-même. On y trouve du bon et du très très mauvais. Un concept génial à l'éthique douteuse puisque le contenu ne coûte pas un centime à la société tripadvisor et son développement est constant.

Comment nous expliqueras-tu la 5ème place du guide du routard, sur le mot clé "Phuket", alors que la page en question ne propose qu'une centaine de mots (5 lignes). Comment ne pas tomber à la renverse en lisant son contenu, où le rédacteur évoque en baillant et sur le ton du mépris, seulement 3 "informations" : La popularité de l'île, les ravages du tsunami et son sinistre tourisme sexuel !? 

Que dire alors du lonely planet classé 4ème, dont les dernières mises à jour datent de Mathusalem et qui nous explique que Phuket ne s'appelle plus Koh Phuket parce qu'on a l'impression que l'île n'est pas entourée d'eau... Qu'il y a beaucoup de soleil, que Patong est la principale agglomération et que la jet set se fait masser et boit des cocktails sur la plage !!!
Putain, on croit réver... Des mecs sont grassement payés pour écrire de telles médiocrités. Même sur tripadvisor, les commentaires et les infos les plus débiles sont plus pertinents.
Faîtes-vous plaisir, allez vérifier vous-même sur le routard et sur le lonely planet, je n'invente rien, tout est vrai ! 

  LE RACKET DE L'URSSAF

Le classement de l'algorithme peut surprendre voire agacer, il a néanmoins le mérite de faire rire... 
Le profond malaise généré par l'Urssaf, est lui irrémédiable, jugez plutôt : En France, les autoentrepreneurs doivent cotiser à l'Urssaf. Jusque là, tout va bien, rien de choquant, tant que les cotisations sont employées à bon escient. Mais l'Urssaf semble ne pas prendre en compte la précarité de bon mombre d'autoentrepreneurs, puisque plus de 20 % de leurs revenus sont ponctionnés ! Prenons l'exemple d'un autoentrepreneur dont le salaire mensuel est de 1500 €uros, il devra donc se délester de plus de 4000 €uros/an ! Je n'ai pas l'impression que mes amis qui travaillent dans le privé ou dans le public se fassent autant saigner... Chaque foyer fiscal imposable paie en moyenne 2320,40 € par an (impotsurlerevenu.org-2019).
Voilà de quoi faire réfléchir les futurs autoentrepreneurs. La liberté de travailler à son compte se paye très cher dans notre douce France. 

  PLAGE, BOULOT, APÉRO...

je ne regrette pas mon choix, dommage de ne pas avoir eu le déclic 10 ans auparavant, alors que je jouais les sous fifres pour un supérieur caractériel et incompétent, qui ne soignait ni sa mauvaise haleine, ni ses mains moites et qui sans cesse, m'ordonnait d'exécuter les pires tâches. Il m'aura fallu subir tous les aspects oppressants et aliénants de la "vie active", pour réaliser que je faisais fausse route. Tant qu'à être mal rémunérer, autant travailler pour soi. 
Aujourd'hui, je paye l'Urssaf sans moufter et je me réconforte en pensant à tous les avantages du statut d'autoentrepreneur. Je ne rends de compte à personne, je gère le temps à ma guise, je jouis d'une liberté absolue.

  REMERCIEMENTS

Je tiens à saluer et remercier tous ceux qui ont contribué à notre réussite :
Thierry Costes, Fabrice Falissard, Philippe Lemaire, Bertrand Plumer, Yann et Michel Diouron, Fred Perrochon, Paul Pinson, Lumpinee Kanvipat, Jean Boulbet, Sylvain Leboucher, John Cannady, Doi Kuro, Simon Kolton, Jean-Français Ozoux et tous les photographes qui ont accepté notre invitation.

Quant à vous, très chers visiteurs, je vous adresse toute ma sympathie, vous remercie de votre fidélité et de votre confiance. Nous continuerons à enquêter plus loin et à vous informer au mieux, afin de vous aider à organiser votre séjour à Phuket et dans le Sud de la Thaïlande, dans les meilleures conditions. En attendant, je vous propose de jeter un oeil sur notre rétrospective.