POURQUOI J'AI CHOISI DE SÉJOURNER A RAWAI ?

Retour de Koh Lone

  LE VILLAGE DE RAWAI  PAR PAUL PINSON

Paul Pinson sur rawai.fr
Je suis venu à Rawai pour la 1ère fois en 1990 et me suis installé 10 ans plus tard. Je me souviens d'avoir été impressionné par le charme de la petite plage de Ya Nui, entre le cap Promthep et Nai Harn beach. Tim, un américain y avait construit sa maison (dévastée lors du tsunami). A l'époque, seulement une poignée de touristes égarés, passaient à Rawai beach. Tous les week end, les habitants de Phuket town venaient déjeuner au "Salaloy", en bord de mer. 
Le français Eric, propriétaire du restaurant "The Wall", m'avait déniché une cabane traditionnelle sur pilotis, que je devais louer 1500 bahts par mois ! J'ai aussi des souvenirs assez préçis de la fête annuelle organisée par les "gitans de la mer", ravis de voir un blanc débarquer avec quelques bouteilles. A cette époque, il n'y avait seulement que quelques bars, le Nikita, le Cheers, le Moonlight (le seul bar thaïlandais), le Rawai pub, l'Islander et un bar français tenu par 3 normands. Cette confraternité se fréquentait et se saoulait dans la bonne humeur, jusqu'à pas d'heure puisqu'aucune loi n'obligeait un horaire de fermeture...
Peu de bars, très peu d'hôtels et quasiment pas de restaurants occidentaux. Seuls, Banana Corner, Don's cafe, La Cabane, Rum Jungle et The Wall accueillaient la clientèle farang de Rawai. Autant dire que le choix était réduit et de ce fait le marché assez prospère, malgré l'absence de touristes. La présence d'expatriés et de commerçants farangs se suffisait à elle-même pour alimenter les recettes. Les loyers très accessibles et le coût bas de la vie en général permettaient à cette petite communauté internationale de subsister dans une ambiance étonamment joviale et respectueuse.
Puis, la vague immobilière et touristique, a déferlé sur Rawai beach. Bien avant le tsunami...

  LE SECRET DE RAWAI BEACH JETÉ EN PÂTURE, AUX REQUINS DE L'IMMOBILIER

Rawai beach en 2000
Le phénomène de concurrence impitoyable entre les bars, les restaurants, de plus en plus nombreux, a généré une ambiance détestable chez la plupart des nouveaux arrivants. Seuls les plus solides financièrement et les plus innovateurs ont su tirer un réel profit, tandis que les autres durent se contenter des miettes. J'en profite pour glisser une parenthèse à tous ceux qui envisagent de monter un bar ou un restaurant en Thaïlande : Les métiers de restaurateur ou tenancier de bar ne s'improvisent pas, seul le professionnel expérimenté pourra tirer son épingle du jeu, à conditions d'être doué, inventif, patient et d'avoir un capital suffisant. Les autres devraient réviser leur projet.
L'épisode de la prolifération de bars et restaurants n'est qu'un détail dans l'évolution de Rawai, comparé aux ravages engendrés par le développement immobilier. Les palmeraies, cocoteraies et autres parcelles agricoles ont cédé leurs places aux villas avec piscine, hôtels et locaux commerciaux. Depuis les 20 dernières années, le prix des terrains a subi une inflation invraissemblable. Les propriétaires terriens à Rawai, bien souvent de modestes agriculteurs, ont fait fortune en vendant leur bien. Les acheteurs s'étripent pour acquérir les derniers espaces disponibles. Et l'arrivée massive des chinois ne va rien arranger. D'ici 20 ans, il y a fort à parier que Phuket devienne un immense lieu de villégiature réservé aux chinois. Je m'en fous, j'aurais cassé ma pipe, bien avant.

  L'IMPACT TSUNAMI

Ya Nui apprès le tsunami
Les dégats occasionnés à Rawai beach par le tsunami 2004 ne furent pas catastrophiques. Le rivage peu profond n'a pas permis à la vague de prendre de la hauteur et sa puissance a été freinée par la présence de Koh Bon en face Rawai beach. Une montée des eaux a bien eu lieu mais la vague n'a pas deferlé aussi fort que sur les autres plages. Les plages de Nai Harn, Ao Sane et Ya Nui ont elles, été touchées de plein fouet, les pertes matérielles et humaines furent considérables.
Suite à cet événement hypermédiatisé, les aides et collectes venant de toutes les régions de la planète, ont afflué à Phuket. Les mauvaises langues affirmaient que la vente de Toyota Fortuner sur l'île, avait explosé... Ce qui est par contre indéniable est l'utilisation déraisonnée de ces fonds, à Rawai beach. L'argent était là, il fallait le dépenser au plus vite en se servant (bien évidemment) grassement au passage. La décision de construire une jetée et une "solide" promenade tout le long de la plage fut donc prise en hauts-lieux. Or, cette jetée depuis sa construction, n'a servi qu'aux joggers et aux pêcheurs et n'a absolument pas sa place dans le paysage et aucune utilité pratique. En ce qui concerne la promenade, l'ouvrage a fait couler beaucoup d'encre, puisqu'à la première tempète, sa resistance aux léger ressac de Rawai n'a pas été d'une grande efficacité. A de multiples endroits, elle s'est tout simplement effondrée. On ne peut que rester sceptique quant aux compétences du maître d'oeuvre, doûter sur l'efficacité d'une telle barrière et s'interroger sur l'utilité de cette promenade qui se dégrade d'année en année. 
Ces travaux et les différents chantiers de la voirie ont dénaturé le caractère sauvage de Rawai beach. Qu'importe, les immenses filaos sont saufs et rien ne pourra les empécher de siffler dans la brise.

  POURQUOI JE CHOISIS DE RESTER A RAWAI ?

GOOD MORNING RAWAI
Vous allez penser que la sénilité me guette, je vous entends maugréer : "Ce mec casse du bois sur Phuket et n'a pas le courage de se barrer"... Ma réponse est toute simple : j'ai vu Rawai vieillir et l'apprécie encore malgré les dommages subis, je suis toujours amoureux de ses rivages et de sa population. Je précise aussi que je suis ravi de trouver tout ce que je veux manger et boire, aux supermarchés du coin à 5 minutes de mon domicile et à n'importe quelle heure dans la journée. Ici, j'ai mes habitudes, ma petite plage, mon apéro du midi face à la mer, quelques amis, mes masseuses favorites et ma compagne. Il m'arrive de temps à autre d'avoir le bourdon. Pour me remettre, je part me promener à Koh Yao Noi ou Koh Kho Khao, loin de la foule et du béton.
Je focalise ma haine exclusivement envers les promoteurs occidentaux et thaïlandais qui se sont enrichis en traumatisant la nature et ses paysages. Le problème est le même en France ou ailleurs, l'humain est un pilleur et détruit tout sur son passage. L'enrichissement personnel est l'unique motivation qui anime ces criminels sans scrupules. Je les méprise au plus haut point et les considère bien plus nuisibles que les vendeurs de stupéfiants ou de pornographies. En attendant, ces bandits n'auront pas réussi à me faire déguerpir de Rawai, qui reste mon village préféré à Phuket, j'espère pour quelques années encore.

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  QUI EST PAUL PINSON ?

Paul Pinson sur rawai.fr
Paul est expatrié à Rawai depuis 2000. Il s'occupe de la rubrique du courriers des internautes
Vous pouvez le découvrir d'avantage en lisant son interview et quelques-uns de ses articles.
Il fut notre invité photographe en 2010 et nous a autorisé à publier quelques-unes de ses photographies réalisées dans le Sud de la Thaïlande.