PAUL PINSON, RETRAITÉ A PHUKET

PAUL PINSON PHUKET

  PAUL PINSON, RETRAITÉ ET COLLABORATEUR A RAWAI.FR

Originaire du Finistère, Paul Pinson a quitté sa Bretagne natale, sublime mais trop fraîche à son goût, pour venir s'installer à Phuket. Paul s'occupe aujourd'hui de notre page courrier des internautes. Ce personnage haut en couleurs n'a pas la langue dans sa poche. Il nous relate son parcours et sa vie à Phuket.

  L'INTERVIEW

Nous nous sommes donnés rendez-vous au Sud de Rawai, là même où nous nous sommes rencontrés, afin d'en profiter pour fêter dignement nos 2 ans d'amitié. Lorsque nous arrivons chez Sampon (Sam beer garden), le vieux Paul tire comme à son habitude sur un cigare rabougri, en scrutant l'horizon menaçant. Pour un mec que certains français surnomment "le clochard de Rawai", le gaillard présente encore bien, chapeau de paille toujours vissé sur le crâne, barbe blanche savamment apprêtée, tee shirt et pantalon blanc impeccables. A chacune de nos rencontres, Paul s'avérait être un orateur captivant, je m'étais donc décidé à lui proposer cette interview. Peu enthousiaste à ma requête, je l'avais finalement convaincu en lui promettant de l'arroser à l'oeil. Je partais commander, nos verres se devant d'être pleins avant de débuter l'entrevue...

-Rawai.fr : Quand vous êtes vous installé à Phuket, et pourquoi avoir choisi la Thaïlande pour votre retraite ?

-Paul : Je suis venu à Phuket la première fois en 1985. Je m'étais alors juré d'y revenir pour y monter une gargotte ou des bungalows en bord de mer vers Khao Lak mais je me suis rapidement réveillé. Ce rêve s'il s'était réalisé, serait certainement devenu un pur cauchemar, m'aurait ruiné et mis un terme à mon expatriation...
Les femmes asiatiques ont toujours eu sur moi un pouvoir de séduction transcendantal, je ne le cache pas... Les yeux en amande et les longs cheveux noirs m'hypnotisent depuis ma plus tendre enfance. Après avoir vécu 10 ans avec une rousse, je satisfais aujourd'hui pleinement mes anciennes divagations. Cette passion a clairement contribué à mon choix.
Les qualité naturelles des thaïlandais ont aussi pesé dans la balance. Ils sont d'un premier abord accueillants mais ils savent rester distants, on se méfie de l'autre surtout s'il n'est pas thaïlandais. Cette façon d'agir me plait. Nos compatriotes se tapent un peu trop vite dans le dos, se bisent à tout va, pour calomnier ou s'insulter quelques semaines plus tard. Selon moi, on va un peu trop vite en besogne et on aboutit souvent à un gachis sans nom, cela ne rime à rien et manque de discernement.
J'ai habité 40 années sur notre littoral, il était hors de question que je m'aventure dans les fins fonds de la campagne d'Issan. Il me faut humer la brise marine au quotidien sinon je dépéris. Mon choix s'est donc porté sur Phuket qui me semblait à l'époque, être un décor correspondant à mes besoins et pouvant m'offrir une vie libre, dégagée d'obligations et de contraintes.

-Rawai.fr : Pouvez-vous nous décrire rapidement le parcours de votre vie ?

-Paul : Oui, on va se la faire rapidement car cela ne me parait pas remarquable et encore moins prestigieux...
Ma carrière professionelle a été une formidable opportunité pour se la couler douce. Mes supérieurs hiérarchiques ont très vite compris à qui ils avaient à faire et n'ont jamais exigé un rendement délirant. Ils ne m'ont jamais non plus attribué de responsabilités excessives. Les congés pleuvaient, j'ai donc pu commencé à voyager tôt et à pratiquer de nombreux sports. J'ai ensuite eu l'opportunité d'arrêter de bosser assez vite, de quitter mon poste avant la retraite quitte à sacrifier le montant de mon allocation. Le hic aujourd'hui, c'est que je ne roule pas sur l'or, je suis un poil  juste... Je loue ici à l'année, à un loyer qui en défrise plus d'un, j'ai acheté une voiture et j'ai gardé ma maison en France que je loue à l'occasion. J'arrive au final à survivre correctement. Je n'ai pas de besoins démentiels et me contente de peu. 

-Rawai.fr : Vos amours, on peut en parler ?

-Paul : Mes amours en France, non, ça date et ça pourrait ternir l'ambiance, ce fut pénible et tragique. Mes amours en Thaïlande, on peut en parler entre nous mais pas ici, ou juste dire pour emmerder l'entourage maléfique, que malgré mon âge, cela se passe dans la plus grande volupté et sans aide déloyale de je ne sais quelle chimie...

-Rawai.fr : Votre secret de jouvence ?

-Paul : J'ai énormémént abusé de marijuana de 18 à 25 ans, j'ai baigné dans l'époque baba cool... Comme Sarko pour vous récemment, De Gaulle avait aussi une tronche qui donnait envie de découvrir les paradis artificiels... J'ai commencé à boire bien plus tard lorsque je me suis risqué au travail. Depuis, je n'ai jamais vraiment laché la bouteille. Je fume le cigare depuis plus de 10 ans et c'est probablement mon vice le plus nuisible. J'essaye d'équilibrer ce sombre constat en adoptant un régime alimentaire sain, beaucoup de fruits et légumes, je dors à heures fixes, je fais la sieste, je ne bois jamais plus d'un litre de vin par jour, je m'oblige à une pratique sportive quotidienne, je refuse la téléphonie mobile et ne subis donc pas les effets néfastes des radiofréquences, je bannis tous les réseaux sociaux, responsables de dégénerescences psychiques, j'évite les labeurs physiques trop rudes. Je garde naturellement mes humeurs d'enfants, mes envies de découverte, je prends en considération ce qui se passe, ce que je vois autour de moi, à mon propre rythme, sans épilepsie. Et, je conclue avec ma priorité numéro 1 : entretenir au mieux ma libido. Je considère gaspillée chaque journée où je n'ai pas de pratiques sexuelles, certains bande mou me traitent de vieux pervers, je leurs réponds que ce ne sont que des culs-bénits et des hypocrites. 

La vie doit être simple si on la veut douce, il suffit de se contenter de ce que l'on a, de composer avec, sans chercher ou se fixer des objectifs mégalomaniaques, sans courir après le succès, l'argent ou la femme la plus belle, en écrasant tout sur son chemin et en démolissant la concurrence, sans scrupule aucun. La vie n'est qu'un accident, soyons frivoles et arrêtons de se prendre trop au sérieux, jouissons librement jusqu'à sa fin sans se torturer les méninges.

-Rawai.fr : Que faîtes-vous de vos  journées ? La morte saison ne vous parait-elle pas trop longue ?

-Paul : J'aime ne rien faire mais je me lève à l'aube pour profiter de la douceur et du silence,  je fais mon pain, je m'occupe de mon potager, je cuisine, je vais nager et marcher 2 heures par jour, je ne manque que rarement l'occasion de faire une sieste, je lis des bouquins (pour les plus jeunes : ce sont des trucs cartonnés avec des centaines de pages noircies de milliers de mots par des gens qui manient notre langue avec talent et imagination), je bois un litre de vin par jour, je fume des cigares et je suis aux petits soins avec ma dulcinée. Le soir, je ne sors pas, je fuis les endroits bruyants, la boisson sous les tropiques pousse les plus novices dans des retranchements prévisibles, entre incohérence et agressivité... De toutes façons la foule réveille mes anciennes phobies... La nuit venue, je trouve l'ambiance des bars morbide, peut être les ai-je trop fréquenté à une époque ? Donc, je me couche tôt et mes journées sont bien remplies, ai-je l'air d'un mec qui s'ennuie ? En morte saison, il m'arrive de rentrer en France 1 ou 2 mois mais j'apprécie la saison humide ici, sa fraîcheur, son calme, ses routes désertées, ses lumières sensationnelles entre les averses, ses orages démentiels... Mais, crois-tu que vraiment que tout cela va captiver les visiteurs de ton site ?

-Rawai.fr : Oui Paul, assurément, ton histoire nous intéresse, sinon t'inquiète, on coupera au montage... Revenons à la retraite et à ses protagonistes, que conseilleriez-vous à ceux qui envisagent de s'installer ici ?

-Paul : De rester chez eux ! 
Avec leurs enfants, leurs petits enfants et leurs yorkshire terrier. A moins que ceux-ci soient excécrables et intéressés, pourquoi quitter une famille aimante et attentionnée ??? Pourquoi s'installer à l'année ? Les plus raisonnables choisissent à juste titre, de passer seulement les mois d'hiver en Thaïlande. Le compromis est judicieux et les emmerdements administratifs limités. Un séjour à l'étranger supérieur à 6 mois vous privent de vos droits à la sécurité sociale. Aussi, si votre santé est chancelante, tenez-vous le pour dit. Certains décident parfois leur expatriation sur un coup de tête, sans même avoir séjourné plus de 15 jours en Thaïlande. Uniquement motivés par les palmiers, la plage, le niveau de vie inférieure... Mais il faudra prendre en considération de nombreux autres paramètres, la période de mousson, la différence culturelle et linguistique, la solitude... Une expatriation ne s'improvise pas, surtout passée la cinquantaine. Soyez raisonnables et peaufinez votre projet.
Il y a un instant, on évoquait la morte saison... Moi, je supporte, je suis un ermite. Cela ne me dérange pas de ne pas parler français pendant 2 semaines, de rester cloîtré dans ma maison, bloqué par d'incessantes pluies, mais je reconnais avoir certaines capacités hors norme à supporter l'isolement. Les ambiances météorologique glauques et sombres me procurent un plaisir singulier. Alors que les gens tournent généralement vite en rond. Je préviens donc ceux qui titillent le désir de s'installer ici à l'année : soyez prévoyants et conservez un bien immobilier au pays ! Certains vendent le peu qu'ils ont pour acheter une maison ou un appartement en Thaïlande... Après 6 mois de séjour, monsieur regrette les week end de pétanque avec ses potes sur la place du marché, madame ne peut plus colporter aucun ragôt sur ses voisines, elles ne les connaît pas... 

-Rawai.fr : Nos lecteurs s'en aperçoivent depuis le début de l'interview, il faut bien admettre que vous êtes du genre direct. Sur l'île, on vous dépeint comme quelqu'un d'infréquentable, d'irascible, comment réagissez-vous face à cette réputation ?

-Paul : Je ne réagis aucunement, à vrai dire je m'en tamponne le coquillard, étant donné qu'en général ces rumeurs sont véhiculées par des freluquets sans cervelles, fraîchement accouchés de leur jeune mère ou des vieux cancereux, jaloux de mon "éternelle rigidité" et de ma liberté. Tous ces pisse-froid me laissent indifférent. Ils s'emmerdent. Leurs toubibs en France leur ont interdit le pastis, alors ils bavassent, salissent, calomnient. Je ne vois plus les crétins, ils sont transparents. Mon quota de dégénérés au quotidien a déjà explosé les records en France, ici je méprise, je suis sélectif, il ne me reste que peu de temps avant que la faucheuse ne triomphe, je me refuse donc de tolérer la moindre nuisance. Rassurez-vous, vous faîtes partie des gens que je supporte et apprécie, même si cette interrogatoire me parait sans intérêt et est en contradiction avec ma traditionnelle réserve.

-Rawai.fr : Merci pour ces louanges Paul, mais nous jugeons que vous êtes un personnage atypique, sensible et généreux, aussi nous voulons faire partager votre expérience. A ce titre précisément nous aimerions connaître les endroits que vous préférez dans la région...

-Paul : On se taillera des pipes plus tard, moi pour l'instant ce que je vois c'est mon verre vide, alors gamin, si tu veux finir ton questionnaire, va falloir commander, parce qu'à force de déblatérer des insanités, je m'assèche ! Les endroits que je préfère ? Indiscutablement, les grandes îles, je m'offre tous les ans une dizaine de jours à Koh Yao Noi et Yai, je fais quasiment le même circuit depuis 5 ans avec chaque fois une petite aventure en terrain inconnu. Après Koh Yao, je vais à Krabi puis descends vers Trang. Je me rends également régulièrement en baie de Phang Nga, j'essaye de découvrir tous ses recoins, je m'efforce d'y retourner toujours avec le même guide thaïlandais. Depuis peu, et grâce à vous, je vais aussi à Koh Kho Khao et Koh Phra Thong. Je boycotte tous les endroits qui subissent de plein fouet la fessée touristique, je ne peux pas souffrir les touristes, ils bousillent tout sur leur passage sans même s'en rendre compte. Je ne supporte plus ce perpétuel sourire sur leur figure qui laisserait faire croire qu'ils sont heureux. Il est largement temps d'instaurer des quotas au tourisme thaïlandais avant que la mutilation environnementale ne se propage d'avantage. La vague chinoise, si elle n'est pas restreinte constitue une menace réelle pour l'avenir touristique de la Thaïlande. Mais je ne m'en fais pas à l'avance, une "bonne" crise économique asiatique aura certainement raison de tous ces récents excès. Font chier ces chinois, je me vois pas déménager au Cambodge. Ici, j'ai mes habitudes de petit vieux et ça me convient parfaitement.

-Rawai.fr : Quelle est votre plage préférée à Phuket ?

-Paul : J'aime les longues plages du Nord, Bang Tao, Mai Khao, Nai Yang, les grands espaces me régénèrent, j'apprécie également les petites plages de Laem Ka et Ya Nui, proches de Rawai.

-Rawai.fr : Voilà Paul, l'interview est terminée, nous vous laissons à votre liberté chérie, à moins que vous ne vouliez aborder un autre sujet ou ajouter quelque chose ?

-Paul : D'abord on s'en remet un petit pour la route et ensuite je voudrais ajouter un mot sérieux sur votre site... Etant votre collaborateur, il m'arrive de régulièrement naviguer sur rawai.fr, et je dois vous avouer, en toute objectivité, que je suis agréablement surpris par la régularité avec laquelle vous alimentez le site. Je suis aussi déçu d'apprendre que les ressources générées ne vous permettent pas de vivre ici à l'année. J'ose espérer que votre travail sera prochainement dignement récompensé et que vous pourrez enfin envisager une installation méritée à Phuket. 

-Rawai.fr : Votre remarque nous touche sincèrement. Merci Paul de nous avoir consacré un peu de votre temps, de nous avoir fait profiter de votre expérience.

-Paul : Merci à vous.

Les derniers interviewés nous avaient entrainé jusqu'au bout de la nuit, Paul n'a pas échappé à la règle. Une fois encore, la fin d'après midi fut largement arrosée et le restaurateur qui nous a accueilli plus tard dans la soirée, le regrette encore... 

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