LES RUSSES A PHUKET ET EN THAILANDE

Russes à Phuket

Ils possèdent leur propre journal, leur propre chaîne de télévision, ils ont désormais leur propre église orthodoxe. Les enseignes, les panneaux publicitaires, les menus en cyrillique ont fleuri dans toute l'île, vantant les charmes d'un immeuble de luxe, d'un restaurant ou d'une croisière vers une île voisine.

Pour ceux qui douteraient encore d'une "invasion russe" à Phuket, les chiffres de l'immigration et du tourisme parlent d'eux-mêmes: plus de 150 000 visiteurs russes par an à Phuket. Le nombre de touristes russes entrés en Thaïlande a été multiplié par dix au cours des dix dernières années. Depuis le printemps arabe, le nombre de chambres réservées par la clientèle russe est encore plus révélateur, preuve que cette station balnéaire est devenue le lieu de villégiature préféré d'une majorité de touristes originaires de l'ancienne URSS.
Les rumeurs vont bon train et évoquent même la présence de la mafia russe qui blanchirait son argent sur Phuket et la région Andaman.
On ressentirait envers la communauté russe quelques animosités, voire une répulsion de la part des autres farangs et des autochtones... Il faut admettre que le comportement de certains russes sur l'île se rapproche plus de la bête que de l'homme. Le sens des civilités et le respect d'autrui ne font pas partie de leurs qualités premières...

 LA DEFERLANTE RUSSE


Oubliés les habituels allemands et anglais: pour la première fois dans l'histoire du tourisme thaïlandais, les russes ont pris la tête du classement des visiteurs européens dans le royaume. Avec plus d'un million de touristes l'année dernière, la Russie a désormais dépassé l'Allemagne, le Royaume Uni et la Corée du Sud, même si elle reste loin derrière les malaisiens, chinois et japonais. Un chiffre qui a plus que doublé depuis 2010, selon les données publiées par la Tourism Authority of Thailand, les Russes représentant désormais plus d'un visiteur étranger sur vingt, soit 5,3% des 19,8 millions de touristes arrivés en Thaïlande l'année dernière.
Deux raisons sont avancées par ATOR Analytical Service pour expliquer cette flambée. Les russes se sont, depuis le printemps arabe de 2011, détournés de pays comme l'Égypte, une de leurs destinations privilégiées. Les vols vers l'Afrique du Nord n'étant plus rentables, les compagnies aériennes ont du coup augmenté leur offre en direction de Bangkok, et Aeroflot, UTair et surtout Transaero proposent à la haute saison des vols depuis sept aéroports russes.

 MAFIA RUSSE, MYTHE OU REALITE ?

comportements russes en voyage

A Pattaya, depuis une dizaine d'année, les conversations vont bon train sur la “mafia russe”. Une guide touristique russe sans licence officielle vivant à Pattaya depuis deux ans se dit convaincue de la présence de syndicats du crime russes dans la région. "Ils sont impliqués dans des affaires de blanchiment d'argent ou de trafic de drogue. Bon nombre sont installés depuis une dizaine d'années et semblent avoir suffisamment d'argent non seulement pour vivre, mais aussi pour ouvrir des clubs, des restaurants et divers commerces", affirme-t-elle, avant d'ajouter qu'elle les reconnaît à leurs tatouages. "Je les repère facilement. Les Russes avec des tatouages bleus sont de vrais criminels. Ils ont été en prison en Russie. C'est là qu'ils se sont fait tatouer. Ils peuvent en avoir sur les mains. Certains ont leur nom tatoué sur les doigts". Un cadre supérieur d'un grand groupe immobilier reconnaît que la communauté russe de Pattaya abrite certains éléments "douteux", potentiellement impliqués dans des activités de blanchiment d'argent. Il précise cependant que d'autres nationalités seraient également concernées. Selon une interview de Chuvit Kamolvisit par le Bangkok post, politicien sulfureux et ex-gérant d'établissements pour adultes, l'île de Phuket serait aujourd'hui très largement contrôlée par un gang mafieux russe baptisé "Spachiba". Cette organisation criminelle se servirait de la Perle d'Andaman pour blanchir des sommes colossales d'argent par le biais d‘investissements immobiliers. Kamolvisit a déclaré qu'il allait demander au "House Committee on Police Affairs" de mener une enquête pour mettre un terme aux activités criminelles russes sur l'île.

"Le chef de la police nationale et le gouverneur de la province de Phuket devraient se pencher sérieusement sur la question" a lancé Chuvit Kamolvisit.
Les gangsters russes disposeraient d'appuis dans l'administration et les forces de police qui leur permettraient d'agir en toute impunité allant jusqu'à ouvrir des établissements tel que le « Tiger » soi Saen Sabai (C.A estimé à 100 millions de bahts).
Plusieurs agences américaines de renseignement et de police affirment que "les réseaux criminels composés essentiellement de Russes qui oeuvrent à Pattaya et Phuket sont responsables de nombreux crimes" : extorsion, blanchiment d'argent, trafics de drogue, fraudes immobilières, fraudes financières, trafic d'êtres humains, importation illégale de voitures, etc...
Si la Thaïlande devient la base arrière des mafias du monde entier avec une corruption qui est déjà l'un des plus grands fléaux du pays, le cocktail pourrait devenir Molotov ! Selon un récent sondage paru dans le quotidien Bangkok Post, 84% des thaïlandais acceptent la corruption dans les affaires et 51% en politique. Il ne faut donc pas attendre grand-chose des autorités thaïlandaises en la matière. Au point apparemment de faire fuir les autres nationalités. Les hôteliers et restaurateurs semblent eux s'en moquer, profitant à plein du pouvoir d'achat de ces visiteurs.

 NE PAS JETER DE VODKA SUR LE FEU

Les russes en Thailande

Il serait injuste d'accuser les russes de tous les maux. Chaque pays sans exception nous déballe chaque année son lot de crétins irrespectueux, désagréables et malsains. Mais il faut bien admettre que concernant les russes, le manque de correction (jamais un "sawadee khrap" ni un "khop khun khrap") passe difficilement, dans un pays où la politesse et le respect font partie intégrante de la culture depuis des lustres. En tendant bien l'oreille, il n'est plus rare d'entendre quelques plaintes et discours xénophobes, émanant de thaïs pourtant si réservés habituellement. Jusque là, ces critiques concernaient la radinerie des français et leur incapacité à communiquer autrement que dans la langue de Molière... Le côté hâbleur des germaniques et bagarreur des anglo-saxons n'était guère apprécié également, mais aujourd'hui la palme d'or est définitivement attribuée aux touristes russes.
Les réelles causes de cette "russophobie" ambiante seraient d'ordre économique, puisque les touristes russes ne dépenseraient (selon le consul honoraire de la fédération russe) que 40 000 bahts avec les agences de voyage russes (billet d'avion, hébergement, tours et nourriture compris). De ce fait les grands perdants sont les entreprises de la communauté locale qui ne profitent d'aucune injection financière.
Les manifestations cette saison, des chauffeurs de taxi en colère n'a pas redoré l'image russe et a aggravé la situation.
le 4 janvier dernier, les chauffeurs de tuk-tuk et les taxis ont bloqué plus d'une heure la route du front de mer et le même jour quelques centaines de manifestants se sont réunis devant la mairie de Karon pour condamner les activités économiques des centaines de tour operators russes de Kata-Karon. Ils ont pénétré dans l'établissement et ont interrompu la réunion, présidée par le Vice-gouverneur Somkiat Sangkhaosutthirak, en scandant quelques slogans et exhibant des pancartes adressées aux exploitants russes:
"Nous n'avons pas besoin de vous! Partez". "Nous n'avons pas besoin des hommes d'affaires russes". "Frères et soeurs, nous devons bloquer des russes hors du circuit touristique."
Une multitude d'intérêts locaux serait apparemment en danger :
Les transports: Les tours russes ont leurs propres taxis et minibus, les chauffeurs de taxi thaï évoquent une concurrence déloyale. Ils affirment aussi que 90% des rabatteurs de rue n'ont pas de permis de travail et profitent d'être russe pour attirer une clientèle soviétique qui ne maîtrise pas l'anglais.
Les salons de massage sont aussi l'objet d'une polémique puisque les sociétés russes se permettraient de charger de 250 THB par rapport au tarif classique. Les quatre principaux restaurants russes sont aussi montrés du doigt.
Face à cette révolte, le vice gouverneur Somkiat a recommandé aux protestataires de créer un comité pour les représenter et fournir des preuves concrètes.

Thanadej Karaket, un expert du ministère de l'emploi estime que dans un premier temps il faut enquêter, vérifier les preuves et par la suite des sanctions seront prises s'il le faut, la loi thaïlandaise doit être respectée. "Les russes peuvent travailler en Thaïlande, mais ils doivent avoir des permis de travail et doivent exercer des professions que la loi thaïe autorise, pas celles réservées aux thaïlandais".
La Police Touristique quant à elle, attend les ordres du gouvernement afin de coordonner ses actions.

Des protestataires se sont à nouveau réunis le 28 janvier, à Bang Tao cette fois-ci. L'action visait plus précisément l'agence russe "Alex tour". La foule en colère avait d'abord bloqué l'entrée d'Alex Tour pour ensuite briser l'enseigne de l'agence.

Difficile dans ce capharnaüm de donner tort ou raison aux protagonistes, la loi thaïe a le mérite d'être claire et la liste des corps de métier autorisés aux farangs l'est aussi. Les thaïs, fort de leur esprit protectionniste ne se sont jamais laissés marcher sur les pieds quitte à ne pas tolérer une concurrence considérée normale dans n'importe quelle autre société... On se souvient d'un récent slogan très apprécié dans le royaume: "thaï rak thaï"...
Pour ce qui est de la régularité et la loyauté des travailleurs et sociétés russes, il faut bien avouer que leur réputation les a précédé... On comprend et l'on admet qu'une majorité des russes présents en Thaïlande sont convenables et recherchent simplement une vie meilleure loin de Poutine. Dans ce cas il faut se soumettre, respecter la loi thaïe, sa culture et son peuple, sans faire d'esclandres. Laissons donc les autorités faire le ménage s'il y a lieu de le faire et surtout freinons nos élans xénophobes...

 LA CERISE SUR LE GATEAU

orthodoxes à Phuket

La première liturgie a été célébrée en l'église de la Sainte-et-Vivifiante-Trinité sur l'île de Phuket en décembre 2012. L'office a été célébré par l'archimandrite (qu'est-ce ?) Oleg Tcherepanine et le recteur de l'église de Tous-les-Saints à Pattaya, le père Danai Wanna, qui est le premier prêtre orthodoxe thaï. Le chœur de cette dernière église a accompagné le service, renforcé par des étudiants de Russie en stage en Thaïlande. A cette occasion, l'icône miraculeuse (bah merde alors !) de saint Nicolas qui se trouve dans l'église de Pattaya, a été apportée. Reconnue officiellement par les autorités locales en 2008, l'Église orthodoxe russe en Thaïlande dessert non seulement les Russes et les ressortissants des autres pays orthodoxes qui travaillent dans ce pays, mais aussi les autochtones venus à l'orthodoxie (les traîtres ! Impurs !). Actuellement, plusieurs jeunes Thaïs étudient la théologie en Russie. L'archimandrite Oleg assume également la charge pastorale des orthodoxes du Laos et du Cambodge (sympa Oleg !). L'église de Phuket est la plus grande église en Thaïlande. Haute de 25 mètres, large de 25 mètres également, et longue de 21 mètres. Au cours de sa prochaine visite en Thaïlande, l'archevêque Marc de Iegorievsk, responsable des paroisses du Patriarcat de Moscou à l'étranger, procédera à la consécration du nouvel édifice (sacré teuf en vue ! Amenez la vodka !).

Sources: Bangkok Post, Phuket Gazette, Courrier international.

LES BARS DE RAWAI

les bars de Rawai à Phuket

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